7 conseils pour corriger son manuscrit

En ce début d’année, vous faites peut-être partie de ceux qui, après des mois d’écriture, de ratures, de pages blanches et de nouveaux départs, ont enfin ficelé leur manuscrit et s’apprêtent à l’envoyer à la recherche d’un éditeur.

Vous vous demandez peut-être à quelle maison le proposer, de quelle manière, comment rédiger la lettre de présentation, bref, comment lui offrir les meilleures chances d’être publié. Vous trouverez ces réponses et un tas d’autres généreux conseils dans cet article de Luc Deborde, éditeur aux Éditions Humanis.

Vous y apprendrez aussi que janvier est le mois où les éditeurs reçoivent le plus de manuscrits. En conséquence… il vaudrait peut-être mieux patienter un peu avant d’ajouter le vôtre à la pile.

Alors en attendant, si vous voulez jeter un dernier coup d’œil sur votre texte, j’ai rassemblé ici les 7 suggestions les plus fréquentes que je donne sur les écrits qu’on me partage (et encore merci à leurs auteurs parce que je sais d’expérience que ce n’est pas toujours facile d’ouvrir la porte de son petit cosmos au regard de quelqu’un d’autre) :

1. Connaissez vos lecteurs

À quel groupe d’âge appartiennent-ils?  Quelles sont leurs connaissances? Leurs intérêts? Quels sont les détails qui vont les frapper? Quelle qualité vont-ils admirer le plus chez un personnage? Mettez de côté vos propres préférences et lisez votre histoire à travers leur regard. Parlez-leur de choses qui les intéressent, avec des mots qui les touchent.

2. Coupez

Cherchez à être concis. Évitez les répétitions et les détails inutiles, que ce soit dans les descriptions, les portraits physiques et psychologiques, ou le dialogue. Ils donnent lieu à des longueurs qui ralentissent la lecture et dissipent la concentration du lecteur.

Si votre histoire est destinée à un livre d’images, ne vous attardez pas trop sur les portraits physiques des personnages, ni les descriptions de lieux. Ils sont déjà visibles dans les illustrations et vous risquez de perdre l’attention du jeune lecteur.

3. Équilibrez l’intrigue principale et les intrigues secondaires

Énoncez votre intrigue principale dans une seule phrase : qui est votre personnage principal, quel est son but et comment s’y prend-il pour l’atteindre ? C’est le fil conducteur de votre récit, le plus important, celui qui devrait prendre le plus de place dans l’histoire. Toutes les autres intrigues sont secondaires. Leur fonction est d’enrichir l’intrigue principale de détails qui la rendent plus captivante. Elles doivent donc la compléter, en prenant soin toutefois de ne pas l’éclipser.

4. Variez le rythme de votre récit

Alternez les dialogues, les descriptions (des lieux et des personnages) et les scènes d’action. Trouvez le bon équilibre entre les moments de tension et les moments de répit, pour réussir à divertir le lecteur sans l’essouffler, ni le lasser.

5. Tirez profit des incises

Évitez les verbes passe-partout: « dit-il », « répondit-elle », « demandèrent-ils »… Optez plutôt pour des verbes expressifs, qui enrichissent l’attitude de vos personnages: « murmura-t-il », « pouffa-t-elle », « s’indignèrent-ils ». Mais allez-y quand même avec parcimonie, pour ne pas ralentir le rythme des dialogues. Évitez aussi la surcharge de pronoms, car le lecteur peut souvent déduire par lui-même à qui revient la parole au fil du dialogue.

6. Soignez le vocabulaire

Veillez à ce que le vocabulaire soit adapté à l’âge de vos lecteurs tout en étant riche, stimulant et précis. Ayez recours à un dictionnaire des synonymes, limitez les adjectifs et les adverbes, et privilégiez les noms et les verbes expressifs.

7. Corrigez les fautes et les coquilles

Plus on soigne son texte, plus la lecture est facile et plaisante. Alors utilisez un logiciel de correction, relisez-vous et faites-vous relire, si possible.

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Pour finir, un ouvrage connu et reconnu mais qui vaut bien un petit rappel :
Le style en friche : l’art de retravailler ses textes, par André Marquis, paru aux Éditions Triptyque.

Vous avez des conseils ajouter? Des ouvrages de référence? Ils seront les bienvenus dans les commentaires!

 

Sources:
Merci à
Ecrire un roman pour la liste des verbes de dialogue.
Merci à
freepik, freepik et freepik pour les images.

dernière mise à jour: le 20 janvier 2017

2 Commentaires

  1. Voilà un bon guide de correction. Le numéro 5 répond à mes questions concernant ce que tu appelle ‘les incises’. Je n’aime pas en mettre trop et je me demandais souvent quel était le degré d’utilisation. Maintenant je suis rassurée. L’idée de favoriser les verbes expressifs me plait aussi.
    Merci pour ce billet enrichissant Silvia! 🙂

    1. silvia dit : Répondre

      Un truc pour éviter la surcharge, c’est d’écrire le dialogue sans aucune incise, le laisser reposer et le relire au bout d’une semaine ou deux pour « l’oublier » un peu. Et à ce moment-là, n’ajouter les incises qu’aux endroits où le dialogue devient difficile à suivre, ou bien quand on veut souligner un changement dans l’attitude d’un personnage. Et merci pour ton petit saut! 🙂

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